Bienvenue .

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J'écris parce que j'aime rêver.


Si vous pouviez me laissez des commentaires constructifs...
Parce que c'est comme ça que les choses avancent ;D
Merci de prndre le temps de venir lire ma fiction
et merci de me suivre après tout ce temps =D







Chaque personnage a une couleur qui lui est propre :

Elly
Qui est une fille, je le précise au cas ou ;)

Johannes
Fabian
Maximilian
Mme Halbig
Mr Halbig
Linda
Autres personnages


Je ne fais pas de descriptions de mes personnages, vous les découvrirez au fur et a mesure des chapitres =)
Dans cette fiction : Johannes, Maximilian et Fabian ne sont pas connus. Ils le deviendront peut être au cours de la fiction, je ne sais pas encore. Pour le moment, je me permets juste d'emprunter leur noms et leur apparence pour mes personnages =).






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# Posté le vendredi 07 mars 2008 03:19

Modifié le mercredi 28 octobre 2009 16:08

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# Posté le mercredi 06 mai 2009 14:39

Modifié le lundi 18 mai 2009 12:50

#1

- Les garçons, votre père et moi avons quelque chose à vous annoncer.

La mère sert exagérément la main de son mari et se mord l'intérieur de la joue, essayant de se calmer, bien sur qu'ils allaient bien le prendre ; ils allaient être fou. Les deux jeunes hommes, a moitié affalés sur les chaises de la salle, répondent en coeur a cette amorce d'annonce :


- Quoi ?
- Je suis enceinte !

Ses fils se lèvent d'un même mouvement sans avoir exprimé la moindre réaction, positive ou négative. Ils se dirigent a présent vers l'étage. Elle soupire et se blottis dans les bras de son mari présent pour une fois,pour « l'occasion », pour la soutenir. Elle s'attendait si peu à ça ; a vrai dire, elle aurait préféré qu'ils lui crachent à la figure ou encore qu'ils lui disent qu'ils ne s'occuperait pas de leur petite soeur. Elle sait pertinemment ce que cette non-réaction signifie. Elle ne pourra pas compter sur eux pour l'aider outre mesure, étant donné qu'ils n'aidaient déjà presque pas, pendant les absences de leur père. Ses chaudes larmes entrent en contact avec les mailles serrées du pull-over gris de son époux ; il caresse son dos pour la réconforter.



1 ans plus tard.

- JOHANNES !
- Il ne va pas répondre.
- Je sais.


Fabi me rit gentillement au nez et plonge a nouveau son nez dans son bol débordant de lait et de céréales.


- Pourquoi tu continues alors ?

Je me lève d'un bond et tape nerveusement du pied contre le sol frais de la cuisine.


- Je ne suis pas votre mère : ok. Et justement, je suis une sorte de... représentante de l'autorité maternelle. Alors Johannes obéit, s'il le faut j'irais le chercher dans sa chambre et je le descendrais ici en le traînant par le peau du cou.
- Mais normalement tu es ici pour Sandra, non ? Jo et moi on est assez grand pour s'occuper de nous tu sais.. Même si t'es super !
- JO-HA-NNES ! Oui, je sais mais votre mère est fatiguée et m'a dit de ne pas vous ménager, surtout Jo. Je tiens à mon job.


Une tête hirsute fait son entrée dans la pièce, pas un sourire, pas un bonjour, aucune signe. Il baille aux corneilles et me regarde dans les yeux, l'air de dire : « Mon bol ! Céréales comprises ! ». Je verse le reste du lait dans le premier bol qui me tombe sous la main, je saisis le paquet de céréales entamé que Fabi me tend et laisse glisser une poignée de flocons qui se crashent uns à uns dans la boisson bouillante. Je pousse doucement le bol dans sa direction et il s'en saisit immédiatement. Il avale une première gorgée et je reprend possession du bol.


- On dit quoi ?

Il me fusille du regard, peut importe, sa mère est de mon côté et quand bien même. Je sais très bien qu'il sait de quoi je parle. Ce n'est qu'un grand enfant : avoir 20 ans et ne pas être capable de dire « merci » sans qu'on le lui demande. C'est triste d'être si arrogant.


- Plus de céréales !

Je repousse le bol dans sa direction, m'arrangeant pour qu'il soit aspergé par le contenu du bol. Je me tourne vers Sandra et la retire de son cosi.


- Allez viens ma chérie, on va te faire toute belle.
- Elle ne va pas te répondre, je suis sur qu'elle ne comprend même pas ce que tu lui dis !


J'ignore ce commentaire sarcastique et entre dans la salle de bain du rez-de-chaussée où se trouvent toutes les affaires pour la toilette de la demoiselle.


Plus tard, dans l'après-midi.

Entre deux coup de fouet dans la pâte à gâteau je multiplie les grimaces qui font Sandra se tordre de rire ; elle est tellement mignonnes avec ses petites fossettes. Quelqu'un sonne à la porte, je tend l'oreille et bien entendu, personne ne se rue dans l'escalier pour ouvrir la porte. Je ne prend pas le temps de laver mes mains tachée du chocolat que j'avais fait fondre quelques minutes auparavant. J'appuie sur la clenche à l'aide de mon coude et tire la porte vers moi avec mon pied. C'est Maximilian qui entre.


- Salut !
- Bonjour Maximilian.
- Il y a eu une explosion de chocolat dans le coin ? Dit-il en regardant mes mains.
- Euh.. je fais un gâteau.
- Ah ok, j'te dérange pas alors, je voulais juste voir Jo.
- Il est dans sa chambre je suppose.
- Merci.


Il me sourit et monte les escaliers quatre à quatre, je regagne la cuisine et reprend là ou je m'était arrêtés dans la recette. J'ajoute les oeufs et bats une énième fois la pâte avant de la mettre dans le moule et de glisser à son tour le moule dans le four.


- Tu as mis du nutella au milieu ?

Je sursaute puis me retourne pour faire face à Fabi, assis sur la table, serrant sa soeur dans ses bras.


- Ne l'étouffes pas.
- Mais non, je suis un pro.
- Non, je n'ai pas mis de Nutella.
- Han, c 'est trop nul ! Il sera prêt à quelle heure ?
- Pour l'heure du goûter.
- Tu es géniale !


Sandra commence à pleurer, il tente de la bercer mais est plutôt en train de la secouer dans tout les sens. Je me lave les mains et je reprend délicatement sa soeur dans mes bras pour la bercer. Il fait mine d'être vexée et triste :


- Elle ne m'aime pas...
- Tu lui faisait mal...

Il se penche par dessus mon épaule pour regarder sa soeur.


- Bon, je suis pas très doué je sais mais je t'aime bien hein !

Un four, 140°Celsius et une heure plus tard.

Fabi vient d'engloutir sa troisième part de gâteau et la porte d'entrée claque, synonyme de l'arrivée imminente de Johannes dans la cuisine. Je m'assoie et regarde par la fenêtre, histoire d'avoir l'air complètement décontractée, il ne faut surtout pas qu'il pense que je redoute sa présence.


- Alors, ce gâteau ?

Je me tourne, incrédule, vers un Maximilian tout sourire.


- Jo est parti voir Linda et moi je suis resté parce que l'odeur du chocolat m'a donné faim, j'avoue.
- Assieds-toi alors !


Je m'apprête à me lever pour lui sortir une assiette a dessert du placard mais il me devance, je me rassoie donc. Il se coupe une tranche de cake au chocolat, encouragé par Fabi :


- Elly fait des gâteau hyper bon ! Tu vas tomber de ta chaise : c'est le Paradis.






# Posté le mardi 12 mai 2009 11:17

Modifié le vendredi 22 mai 2009 13:27

#2

- Vous êtes sûre ?
- Oui, et puis je n'ai pas passé beaucoup de temps avec elle depuis que j'ai repris le travail alors ça me fait une occasion et tu pourras souffler deux minutes.

Exactement, c'est le mot : souffler. Elle glisse Sandra donc son berceau et sort de la maison. Enfin seule. Je suis enfin seule. Tranquille, au calme. Alors que je m'apprêtes à m'effondrer sur le canapé Madame Halbig entre dans le salon et cours aux quatre coins de la pièce à la recherche de quelque chose apparemment.


- J'ai oublié le carnet de santé.

Ah oui, le carnet de santé : bien sur ! Je fais un premier tour sur moi même, le temps de me remémorer ou je l'avais posé et pour m'offrir une vue complète de la pièce.


- Le voilà, il était sur la table du salon.
- Ah merci !

Elle m'offre un sourire crispé mais sincère puis sort à nouveau de la maison. Je me laisse tomber sur le canapé et ne bouge plus pendant quelques minutes. Fabian est parti au lycée, Johannes est avec certainement avec sa copine ou avec Maximilian et je n'ai pas à me préoccuper de Sandra pour une fois. Ce silence fait un bien fou ! Je ne me serais jamais imaginée qu'en venant vivre en Allemagne, dans un si petit village, pour améliorer mon Allemand ma vie serait si... différente et si mouvementée. Il faut bien dire que je n'avais pas prévu que Sandra ait deux frères. Ce qui a considérablement faussé l'idée que je m'était faite de mon travail de jeune fille au pair. Je ferme les yeux et prend une inspiration. Une soudaine envie de jouer du piano me prend et je me lève d'un bond. Je n'ai pas jouer au piano depuis des mois, depuis que j'ai quitté la France en fait. J'ai effleuré bien des fois ce pianos ces derniers mois mais pour retirer la poussière qui s'y était déposée. Une musique trotte dans ma tête depuis ce matin: Concerto pour piano n°25 de Mozart. Après quelques ratés, je commence la morceau pour ne plus m'arrêter de jouer avant sa fin. Je ferme les yeux et laisse la musique s'envoler et m'envelopper. Je suis rappelée à la réalité par Johannes, derrière moi m'applaudissant :


- Est-ce que ce sont mes performances de l'autre nuit qui te font jouer si bien ?

Je tourne la tête de nouveau vers le piano. Forcement, il fallait qu'il fasse allusion à cet incident. L'autre soir, alors que je sortait de la salle de bain, nous nous sommes croisés dans le couloir, moi habillée d'une serviette de bain et lui en boxer, nos regards se sont croisés et sans que je n'ai le temps de réagir, je ne me l'explique toujours pas d'ailleurs, nous nous sommes retrouvés sur son lit puis dans son lit. J'avais perdu la serviette au passage et lui avait eu le temps, sans que je m'en rende compte, de retirer le bout de tissu sous lequel était dissimulé son sexe. La nuit avait été agitée et au matin je m'étais éclipsée, voulant à tout pris oublier cette nuit-là.


- En général, je suis plutôt du genre à faire de la pâtisserie quand j'ai passé un merveilleux moment au lit en compagnie d'un jeune homme.
- Un gâteau à se mettre sous la dent alors ?
- Aucun non.

Il lève un sourcil, vexé mais essayant de le dissimuler au mieux.


- Et est-ce qu'il reste du soda ?
- Non.

Je joue quelques notes ,qui viennent ponctuer notre conversation, de façon désordonnés.


- Il va falloir penser à retourner faire les courses !

Le ton était sec, incisif et sonnait comme un ordre.


- Tu sais qu'il y a de l'argent dans la cuisine ? Le pot sur le placard du milieu... Après tu n'as plus qu' à bouger tes fesses jusqu'à la voiture, prendre un cadi sur le parking du supermarché et prendre ce qu'il faut pour manger !

Je me lève brusquement faisant, au passage, grincer les pieds du tabouret contre le sol et je quitte la maison. Dehors, une légère brise souffle et le soleil inonde le village. Je vais jusqu'à l'air de skatepark et m'allonge en plein soleil, sur un coin de pelouse verte qui avait survécu à la construction des rampes. Non loin de moi, j'entends soudain deux filles parler. Je reconnais très vite la voix de Linda, la petite amie de Johannes mais le seconde ne me dit rien, sûrement une amie à elle. Je souris, un coup bas se prête à la situation, il l'aura bien cherché après tout. Je me lève et m'approche d'elles.


- Et sinon, avec ton chéri alors ?

C'est parfait, je n'aurais même pas à trouver un moyen d'amener la conversation à lui... Et au moment ou je passe derrière elles :


- Il est super, très attentionné, très doux.

J'avance ma tête entre leur épaules pour ajouter :


- Et plutôt doué au lit !

Elle m'observe, outrée d'abord, puis me fusille du regard.


- Mais tu ne m'avait pas dit qu'il voulait attendre pour coucher ?

Sa gourde de copine en rajoute, c'est merveilleux. Je me redresse et part sans dire un mot de plus. Johannes va s'en prendre plein la tête par son amoureuse. Pauvre petit...


- Elly !

Je me retourne, me préparant mentalement à une pluie d'insultes.


- Tu voudrais me rendre un petit service ?
- Avec plaisir...

Dans la soirée.

Je frappe à sa porte, je suis partagée au sujet de ce que je m'apprête à faire. A la fois le dégoût mais à la fois cette envie de vengeance sur ces six mois d'enfer qu'il m'a fait endurés. J'entre après avoir entendu un vague « oui » . Je prie pour que mon charme inexistant opère et je me lance sous son regard interrogateur :


- Tu avais raison, je... c'était terriblement bon l'autre nuit.

Il sourit, fière de lui, pourquoi ai-je accepté d'aider Linda ? Maintenant il est trop tard pour reculer, je fais donc deux pas vers lui ; ce qui me suffit pour être au pied de son lit. Lui pose sa guitare par terre. Je me met à genoux sur le lit et me laisse très vite aller dans ses bras. Les caresses se suivent, nos corps se rapprochent l'un de l'autre jusqu'à ce qu'ils soient collés. Comme la fois précédente, sans que je n'ai le temps de m'en rendre compte, je suis déjà presque nue dans ses draps. Nos lèvres, se touchent, se mêlent et se séparent pour recommencer l'instant d'après. Il retire mon soutient-gorge, seul survivant jusqu'ici de la tenue qui m'habillait avant que je n'entre dans sa chambre. Il me caresse le creux des reins et remontent ses doigts doucement le long de ma colonne vertébrale, ce qui me fait frissonner. Son souffle s'accélère de façon presque imperceptible. Il me mord le lobe de l'oreille droite et me murmure quelques mots gentils, ce qui me surprend quelques peu. Mais qu'est-ce qu'elle fou Linda ? Elle devrait déjà être là ! Ah, ça y est, j'entends la porte d'entrée se refermer, c'est elle. Le vertige me prend alors que ses lèvres s'attardent dans mon cou. J'entends un léger grincement tandis que ça porte s'ouvre. Je ferme les yeux, attendant la scène prévue par Linda mais rien. Pas le moindre bruit, aucune mot. Jo tourne la tête et ne bouge plus, je me redresse à mon tour et découvre à ma plus grande surprise - mais également pour ma plus grande honte – Maximilian, plantée, les yeux presque sortis de leurs orbites. Je remets vaguement mes cheveux en place avant de lancer un « Euh... je dois y aller. » peu détendu. Je me lève puis me rend très vite compte que j'étais encore nue, évidemment. J'arrache rapidement le draps de Johannes, peu importe si lui est nu devant son pote, et je l'enroule autour de moi avant de sortir de sa chambre.




# Posté le vendredi 22 mai 2009 13:07

Modifié le mardi 02 juin 2009 15:33

#3

Une fois la porte de la chambre fermée derrière moi, je me laisse aller sur mon lit, la tête la première enfouie dans l'oreiller. Je jure :


- Merde ! Merde ! Merde ! Merde et Re-merde !

Je soupire alors que le visage de Johannes s'impose à moi de nouveau. Je frappe ma tempe de la paume de ma main dans l'espoir de le voir disparaître, comme par magie. Mais rien, bien sur. : ce sourire, auquel je n'ai pas été habitué depuis mon arrivée, ne quitte pas mon esprit. Ce ne sont que les craquements des marches suivis de la voix de Linda dans la chambre de Johannes que... Linda ? Je colle mon oreille contre le bois de la porte. « Mäx » fut le seul mot prononcé par Linda. Les deux garçons, eux, sont restés silencieux. Bien sur, j'imagine sa surprise en découvrant Johannes, nu sur son lit, et Maximilian je ne sais où, peut être encore sous le choc au pied du lit. Je me mords la lèvre inférieur mais il est trop tard pour avoir des remords : ce qui est fait est fait et je pense que cela nous aura servit de leçon à tout les deux. Du moins je l'espère. Je laisse glisser le draps, qui m'habillait encore, jusqu'au sol et enfile les premiers sous-vêtements et vêtement qui s'offrent à moi dans la commode. Le porte d'entrée claque, Madame Halbig à coup sur ! Je sort de la chambre et descends les escaliers à toute vitesse.


- Ah! Bonjour Monsieur Halbig !
- Bonsoir Elly, comment vas-tu ?
- Bien bien, merci. Le voyage ne vous à pas trop épuisé ?

J'espère que non, s'il monte pour se reposer... Il ne faut pas qu'il monte pour le moment.


- Si, énormément mais je vais me prendre un petit quelque chose avant de monter me coucher. J'imagine que les garçons sont sortis...
- Oui, c'est ça, vous les connaissez. Fabian est au cinéma et Johannes... Johannes est parti je ne sais où.
- Tu aurais du me le dire ! J'aurais pu comprendre que tu étais homo, j'aurais été compréhensive !
- Linda est ici ?


La porte de la chambre à Johannes claque. Zut ! Il ne faut pas que Linda descende.


- Non ! C'est. C'est la télévision qui est allumée en haut. Je ne m'étais pas rendue compte que le volume était si fort. En plus le film est nul ! Je monte l'éteindre.

Je monte les escaliers quatre à quatre et me retrouve nez à nez avec Linda.


- Toi, tu me dois des explications !
- Oui, je sais mais Monsieur le Papa de Fabian et Johannes est là alors si vous pouviez la mettre en veilleuse... passe le message à Maximilian et Johannes et puis attends moi dans ma chambre, je t'expliquerais.
- Ok... D'accord.


Elle remonte la seule marche de l'escalier qu'elle avait descendu, je l'interpelle une dernière fois avant de retourner au salon :


- Et pas de bruit !
- Pas de bruit.

Lorsque j'arrive dans le salon, il n'y a plus personne.


- Voilà, j'ai éteint la télévision !
- Je fais un thé, tu en veux un ?
- Non merci, je vais seulement vous tenir compagnie.

Je m'assois sur l'une des chaises de la cuisine, il sort une tasse et l'emplit de l'eau qu'il avait préalablement chauffée, puis il s'assoit à son tour, en face de moi.


- Les garçons ne te donnent pas trop de soucis ?
- Non non, je n'ai pas à me plaindre.
- Je sais bien que Jo est difficile, je le sais, ne me dis pas le contraire, il n'a pas tellement apprécié la venue de Sandra. Nous ne sommes pas très présents et puis une petite soeur...
- Oui, mais je ne me laisse pas abattre et ça ne change rien, je fais mon travail. Je sais bien qu'au fond il ne doit pas être si méchant. C'est juste que parfois, ça simplifierais ma vie ici...
- N'hésites pas à le remettre à sa place quand il faut, sa mère et moi sommes de ton côté.
- Merci.


J'espère que ce que j'ai fait ce soir, avec lui puis contre lui – au sens propre et figuré du terme -, sont inclus dans ce que Monsieur Halbig appelle « la remise en place » . En tout cas, on va dire que oui, ça me donne bonne conscience et c'est déjà ça. Monsieur Halbig finit sa tasse en moins de deux, se lève et la glisse dans le lave vaisselle. Il passe à côté de moi, m'adresse une tape amicale à l'épaule puis m'adresse un « Bonne nuit Elly » avant de sortir de la pièce. Les escaliers craquent doucement sous ses pas et puis plus un bruit. J'observe la rue déserte au travers le fenêtre. Il doit être tard. J'éteins la lumière et sors en silence moi aussi de la cuisine. Je monte les escaliers avec les plus grandes précautions possible afin de ne faire aucun bruit ou presque.


Le lendemain. Une explication avec Linda et une nuit quasi-blanche plus tard.

Je monte sur l'une des chaises de la cuisine afin d'être à la hauteur du pot posé sur le placard dans lequel se trouve l'argent réservé aux courses. Après avoir glissé quelques billets dans le porte monnaie, je repose le pot à sa place et descends de mon échafaudage de fortune. Johannes entre au même moment dans la pièce, je me rend compte que mon chemisier était resté légèrement remonté ; je le remets en place en moins de deux. J'évite son regard et sort de la cuisine. Je place Sandra dans son cosi avec attention et sort de la maison sans un mot. J'installe la petite correctement dans la voiture et je met le moteur en route.


15 kilomètres, trois virages et un rond point plus tard.

Dans le Supermarché, il a peu de monde, les rayons sont presque déserts. Une vieille femme par ici, une jeune mère et ses quatre enfants à la traîne par là et le boucher qui se balade tant le monde se rue à son rayon. Je tourne à droite et entre dans le rayon des fruits et des légumes. Bon, le but est d'en oublier le minimum pour revenir ici le plus tard possible. Après le rayon des repas équilibré, je passe par celui des goûter, qui représente sûrement un quart du cadi si ce n'est pas plus, puis par le rayon des surgelés , les articles dans le chariot forment à présent une véritable montagne. Je termine par le rayon des produits laitiers, du moins c'est ce que je pensais faire, mais le rayon est vide. C'est alors qu'au même moment, une femme, d'âge mur à en juger par sa voix, annonce que « Suite à un incident, nous sommes dans l'impossibilité d'ouvrir les portes. Veuillez garder votre calme, nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour améliorer la situation dans les plus brefs délais et vous permettre de sortir du bâtiment. »


- Et moi je fais comment pour le lait, hein ? Je vais me trouver une vache pour la traire moi même ? Tu en dis quoi Sandra ?

Au lieu de faire demi tour, puisque nous avons « tout notre temps », je marche à reculons, tirant le cadi avec moi, à l'envers donc lui aussi. La petite rigole et je lui adresses quelques grimaces qui la font éclater de rire.


- J'ai toujours mal au coeur quand je suis assis dans le train à l'envers du sens de la marche.

Je sursaute avant de faire face à mon interlocuteur.


- Oh, Maximilian. Bonjour.

J'aurais pu faire face à n'importe qui. Même faire face à Johannes ce matin au petit déjeuner m'avait été plus aisé. Quoi que... Si ! Bien sur que ça avait été plus facile, c'était lui le plus gêné. Je devrais peut être me glisser dans son lit plus souvent ; les jours qui ont suivis nos deux expériences plus ou moins accidentelles, j'ai eu la paix. Donc, je fais vagabonder mon regard le long des étagères qui constituent les rayons environnants et j'attends avec gêne qu'il ne dise quelque chose. Il m'a vue nue, un court instant c'est certain, mais il m'a vue nue.


- On fait les courses alors ?

Je redresse la tête, il regarde Sandra.


- Oui, les garçons n'ont pas mangé depuis trois jours alors j'ai eu pitié d'eux, je me suis décidée à venir faire les courses.

Il esquisse un sourire puis pose les yeux sur moi.


- Ne t'inquiètes pas, je n'ai rien vu hier soir quand tu.. enfin quand tu es sortie du lit de Jo.

Ma gêne est-elle si évidente ?


- Rien dont tu ne puisses avoir honte du moins !



# Posté le mardi 02 juin 2009 15:25

Modifié le jeudi 11 juin 2009 18:15